ECOS Burkina Faso est basée à Ouagadougou. L'association travaille sur un terrain où deux urgences se superposent : une terre qui s'appauvrit d'année en année, et des milliers de familles déplacées par les crises sécuritaires. Elle a fait le choix de ne pas les traiter séparément, parce que sur le terrain elles ne le sont pas.
Le premier chantier est celui de la terre. Le désert avance, les sols perdent leur fertilité, et le pays a engagé un effort national de reboisement, la Ceinture Verte. ECOS Burkina Faso y contribue à son échelle : faire pousser en pépinière des plants forestiers et fruitiers adaptés au climat local, puis organiser des journées de plantation avec les écoles et les quartiers. L'objectif n'est pas seulement de remettre des arbres en terre. C'est aussi qu'un enfant qui a planté le sien le regarde autrement dix ans plus tard.
Le deuxième chantier répond à une question plus immédiate : comment continuer à cultiver quand la terre manque et que l'eau se raréfie ? L'association forme les producteurs, les femmes et les jeunes à la culture sous serre et hors sol. Ces méthodes économisent l'eau, protègent les récoltes des aléas et permettent de produire toute l'année sur de petites surfaces, en ville comme à la campagne. Pour une famille, cela se traduit par un revenu qui ne dépend plus entièrement d'une seule saison.
Le troisième chantier est humain. Le contexte humanitaire reste lourd et de nombreuses familles arrivent sans rien dans des quartiers déjà sous tension. ECOS Burkina Faso apporte un soutien concret — vivres, kits de première nécessité — mais s'attache surtout à ce qui vient après l'urgence : organiser des temps de rencontre, comme Kaya Nooma, où familles déplacées et communautés d'accueil se retrouvent autrement que dans une file de distribution.
Sous la présidence d'Ibrahima Koné, l'association tient ces trois fils ensemble. Planter, produire, accueillir : trois manières de dire qu'un territoire ne se répare pas par morceaux.